19.10.2008

Merci

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C'est la fin de la campagne, de six semaines intenses, stimulantes, faites de rencontres très diverses, mais aussi de moments très privilégiés avec les personnes de mon entourage. C'est donc le sentiment de reconnaissance qui l'emporte avec le rêve que cet épisode porte ses fruits. A tous, et notamment à vous qui avez pris le temps de venir me visiter sur ce site, un profond merci.

L'aventure n'est pas finie. Je vous laisse découvrir le texte transmis par Yves Lador, président de la Fédération des Associations de la liste N° 18, également candidat, présenté par l'Association écologie économie pour un développement durable. Cette association est essentiellement un groupe indépendant de réflexion qui s’intéresse aux différents aspects et au sens de la notion de développement durable et œuvre à son application dans la Cité. Elle compte notamment dans ses rangs des personnes provenant de différents horizons. Depuis plusieurs années, elle organise régulièrement des débats et des conférences en rapport avec le développement durable.

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« Fin de campagne : C’est à l’automne que l’on prépare le prochain printemps

Mon Grand-Père m’affirmait que la plus belle saison, ce n’était pas le printemps, mais l’automne. C’est à ce moment que l’on peut prendre le temps de goûter aux fruits du travail, ayant semé, cultivé et récolté. C’est aussi à l’automne que l’on prépare le prochain retour du printemps. Pour une République qui attache tant d’importance à son célèbre maronnier, voici peut-être un principe qui garde sa pertinence.

Sous les rayons du soleil automnal, annoncé pour ce dimanche d’élection constitutionnelle du19 octobre, les membres de la liste 18 et toutes les Associations de Genève qui s’y sont regroupées, pourront voir les premiers fruits du travail débuté ce printemps.

Pour en arriver là, il aura fallu s’interroger sur les enjeux de la nouvelle Constitution. Percevoir les vraies possibilités d’améliorations, au milieu des discours convenus sur le texte fondamental de notre République. Identifier les enjeux propres à l’engagement associatif, si important dans notre cité. Réunir les énergies. Se trouver un langage commun entre milieux divers. Définir nos convergences. Se lancer dans la communication particulière d’une campagne électorale, différente des débats et actions que nous avons l’habitude de faire dans les associations.

Toutes ces étapes, incertaines à chaque fois, ont finalement été réussies. C’est dire que nous sommes conscients des efforts nécessaires pour définir un bien commun, dans le respect d’autrui et des divergences. Ce n’est d’ailleurs pas avec une prétention à mieux représenter la population que les partis que nous avons décidé d’aller à la Constituante. Mais pour y ouvrir la discussion à d’autres manières de faire. La légitimité, les pratiques, les relations avec la population, l’action et son évaluation, tout ceci est vécu dans le monde associatif avec des caractéristiques propres qui ne sont pas les mêmes que dans le monde politique ou dans le monde des affaires. Les institutions ne se privent pas d’ailleurs d’y avoir recours quand elles en ressentent, elles, le besoin. Après avoir été témoin de l’effondrement du tout-à-l’Etat, nous assistons ces jours à celui du tout-au-Marché. Pour sortir de cette impasse, certains en appellent désormais à l’inclusion des grands réseaux associatifs du Nord et du Sud dans la refondation des institutions de la planète, qui, comme celles de Bretton Wood, ont organisé le monde à la sortie de la Guerre, mais sont aujourd’hui dépassées. Le besoin d’innover et de ré-articuler les différents secteurs de nos société est donc général. Il est alors essentiel d’assurer cette même diversité autour de la table, au moment de revoir le fonctionnement et les institutions de notre petite République du bout du Lac.

Cependant, même en incluant la société civile, il serait dangereux que ces 80 Constituants restent entre eux pour la rédaction. Car ce qui précède une rédaction est souvent ce qui en détermine la pertinence. Sa qualité dépend de sa préparation. Fixer des règles pour tous ? Mais pour qui, et surtout, avec qui ? Les institutions existantes, comme le Grand Conseil ou le Conseil d’Etat, sont fréquemment critiquées pour leurs blocages ou la futilité de leurs débats. Si la Constituante reste fermée sur elle-même, alors elle en fera de même et perpétuera dans le nouveau texte les même défauts. La Constituante devra donc ouvrir ses méthodes de travail aux publics concernés et déterminer avec eux les questions auxquelles le texte constitutionnel devra répondre. Le renouvellement de notre démocratie, en y intégrant notamment une véritable participation, ne se fera pas juste par la définition du nouveau texte, mais commencera par la pratique de la Constituante. Cet enjeu nous attend dès la semaine prochaine.

Cette campagne a révélé, par ailleurs, combien nous n’avions pas de culture constitutionnelle chez nous. Somme toutes, c’est assez logique. La Constitution est continuellement remaniée, notamment au fil des initiatives populaires. Elle ne peut avoir le même statut de sacralité que chez nos voisins. Aussi, s’il y a eu un réel engouement pour une discussion de fond sur nos institutions, démontré par l’acceptation à 80% de la proposition de révision générale et la présence de plus de 500 candidatures pour les petits 80 sièges de la Constituante, il a été bien plus difficile de trouver des références communes et largement partagées sur ce qui est de nature constitutionnelle et ce qui ne doit pas l’être. D’où un sentiment de confusion, qui ne facilite pas le vote. Avec quatre ans de travail devant elle, la Constituante devra précisément construire une véritable « scène constitutionnelle », qui rende les enjeux plus lisibles, permette de s’y impliquer et assure la légitimité du processus.

Même si participer à une campagne électorale n’avait rien de naturel pour des associations, elles ont pu y engranger des expériences et des acquis. Il y a peu d’occasions où des milieux aussi différents ont à travailler ainsi en commun. Ce faisant, les Associations de Genève ont apporté une première contribution à l’élaboration collective du bien commun. Elles se sont aussi dotée d’une force. Bien qu’une élection soit par définition, et avant tout, une élimination, la campagne aura mis en évidence, pendant les débats, dans les discussions avec le public et dans le rue, combien chacune des personnes proposées par les Associations a pleinement sa place et une contribution à apporter au débat constitutionnel. Finalement, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la Constituante, c’est de fait une incroyable force d’engagement, de compétence et de proposition qui a été constituée avec tous les membres de la liste.

Créer et animer une véritable scène constitutionnelle à Genève, refonder les relations entre le politique, l’associatif et l’économique, rendre plus d’attraits et de vigueur à nos institutions : voici que cet automne nous annonce un beau printemps … démocratique ! »

18.10.2008

Faut-il à tout prix être original ?

La liste des Associations N° 18 défend un mode de gouvernance transparent, efficace et participatif :

 

blog13.jpgIl n'est pas question d'être théorique ni d'être ou non original. Car ce mode de fonctionnement est au cœur même de la vie associative, à l'interne : La réunion de l'ensemble des membres d'une association (assemblée générale) est prévue par la loi; les statuts peuvent en prévoir les modalités. C'est le pouvoir suprême de l'association. Les décisions de l'association sont prises en assemblée générale (article 66 al.1 CC) souvent après un débat, alors que le comité gère les affaires de l'association et la représente auprès des tiers (article 69 CC).

 

 

Il s'agit de promouvoir une approche dont les associations ont eu dans le cadre de leurs activités maintes occasions de constater les mérites. Le courrier de François Burnier, membre de Pro Natura Vaud, au Temps et publié le 2 octobre 2008, l'illustre.

 

lecteur.jpg« Certains radicaux zurichois cherchent par tous les moyens à faire abolir le droit de recours des associations. Or ces associations font, gratuitement, un travail que l'Etat ne parvient pas à accomplir. Elles veillent en effet simplement à ce que la loi soit appliquée. Et, lorsqu'elles lancent un recours, les tribunaux leur donnent raison dans la vaste majorité des cas. Ce qui prouve bien qu'elles n'abusent pas de ce droit. Et qui contraste avec les recours des particuliers, qui, eux, ne sont validés qu'environ une fois sur cinq.

Ce sont ces recours-là, fort nombreux d'ailleurs, qui mettent des bâtons dans les roues de l'économie. [...]

A l'heure où, dans un louable souci d'économies, l'Etat cherche à se dégager de certaines tâches et à réduire le nombre de ses fonctionnaires, il est plus que jamais nécessaire que Pro Natura, le WWF, la Société d'art public et d'autres associations continuent à étudier les dossiers de mise à l'enquête et à signaler les infractions à des lois qui ont été votées démocratiquement.

Cela dit, ce n'est pas par plaisir que les associations lancent des recours, et la meilleure manière d'éviter d'en arriver là, c'est, bien évidemment, tout d'abord de présenter des projets conformes à la loi, et, ensuite, dans le doute, de consulter les associations déjà au moment de la mise à l'enquête. Cette manière d'agir dans la transparence a permis dans de nombreux cas d'éviter des recours, et, souvent, d'améliorer le projet initial.

Vouloir abolir le droit de recours des associations, c'est donc non seulement s'opposer à une saine gestion des deniers publics, c'est surtout manœuvrer pour permettre que la loi soit violée en toute discrétion, sans que plus personne ne puisse réagir. [...] »

16.10.2008

Développement durable

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« Des enfants clients, donc, avec ou sans moyens, ceux des grandes villes comme ceux des banlieues, entraînés dans la même aspiration à la consommation, dans le même universel aspirateur à désirs, pauvres et riches, grands et petits, garçons et filles, siphonnés pêle-mêle par l'unique et tourbillonnante sollicitation : consommer ! C'est-à-dire changer de produit, vouloir du neuf, plus que du neuf, le dernier cri. La marque ! Et que cela se sache ! Si leurs marques étaient des médailles, les gosses de nos rues sonneraient comme des généraux d'opérette. Des émissions très sérieuses vous expliquent en long et en large qu'il y a va de leur identité. Le matin même de la dernière rentrée scolaire, une grande prêtresse du marketing déclarait à la radio, sur un ton pénétré d'une aïeule responsable, que l'Ecole devait s'ouvrir à la publicité, laquelle serait une catégorie de l'information, elle-même aliment premier de l'instruction. CQFD. J'ai dressé l'oreille. Que nous contez-vous là, Madame Marketing, de votre sage voix de grand-mère si bien timbrée ? La publicité dans le même sac que les sciences, les arts et les humanités ! Grand-Mère, êtes-vous sérieuse ? Elle l'était, la coquine. Et diablement. C'est qu'elle ne parlait pas en son nom, mais au nom de la vie telle qu'elle est ! Et tout à coup m'est apparue la vie selon Grand-Mère marketing : une gigantesque surface marchande, sans murs, sans limites, sans frontières, et sans autre objectif que la consommation ! Et l'école idéale selon Grand-Mère : un gisement de consommateurs toujours plus gourmands ! Et la mission des enseignants : préparer les élèves à pousser leur caddie dans les allées sans fin de la vie marchande ! Qu'on cesse de les tenir à l'écart de la société de consommation !, martelait Grand-Mère, qu'ils sortent « informés » du ghetto scolaire, c'est ainsi que Grand-Mère appelait l'Ecole ! Et l'information, c'est à quoi elle réduisait l'instruction. [...] Allez, Mère-Grand, je t'ai reconnue sous ton déguisement de mots, tu es bel et bien le méchant loup des contes ! Emmitouflée dans tes raisonnements ensorceleurs, tu t'es couchée gueule ouverte à la sortie des écoles pour y croquer les petits chaperons consommateurs »*

* Daniel Pennac, Chagrin d'école, Gallimard 2007, pp.234-236


 

générations futures.jpgDe façon individuelle, notre rapport à la consommation nous questionne sur notre rapport aux autres et aux générations qui nous suivront. Dis-moi comment tu consommes, je te dirai qui tu es1. Le soutien à la recherche et à l'innovation ainsi qu'à l'éducation peuvent également être envisagés sous cet angle. Ce sont des enjeux du développement durable et solidaire... comme la culture et l'environnement. Nous devons apprendre à penser nos actions par rapport à leurs implications pour les générations futures. Le canton de Genève, déjà pionnier sur le plan international, doit également l'être quant à l'intégration des étrangers et leur participation au système politique2. Le canton de Genève doit encore être pionnier en matière de politique culturelle (notamment s'agissant d'espaces d'innovation et de créations culturelles3), d'activités économiques sociales et solidaires4, de désengagement des activités polluantes, du recours aux ressources renouvelables... Pour les Associations de la liste N° 18, se mettre en route vers une société animée par le sens de ses responsabilités est une évidence. La réécriture de la Constitution offre une extraordinaire opportunité de la concrétiser.

1 La Fédération Romandes des Consommateurs, section genevoise, présente Alfred Manuel, sur la liste des Associations N° 18. Celui-ci s'intéresse tout particulièrement aux défis et aux limites que posent la technologie et la science à notre société de consommation. Il souhaite également s’engager en faveur de la souveraineté alimentaire, de la protection de l’environnement et du développement durable. Favoriser un système de santé abordable pour tous fait aussi partie de ses thèmes de prédilection.. « Qui se préoccupe de la santé de nos enfants? Les publicitaires et les grandes compagnies! En 2006, elles ont dépensé des milliards de dollars pour la promotion des sodas, des bonbons et autres sucreries. Résultat, la Suisse n’échappe pas à l’épidémie mondiale d’obésité. Notre test sur les céréales destinées aux enfants le prouve (p. 20), une portion de 30 g contient à elle seule trois morceaux de sucre. Il est temps de réagir! », Edito de FRC magazine retenu sur le site de la FRC (www.frc.ch) : Pour ne plus se laisser mener par le bout du nez. Auteur: Carole Pirker, Rédactrice en chef.

2 « Vivre ensemble nécessite de se connaître » (www.kultura.ch). Maison Kultura est une fédération d'associations dont le but est de promouvoir l'intégration, développer l'interculturalité, accompagner la cinquantaine de ses associations dont les membres sont issus de différents continents. Elle présente trois candidats sur la liste des Associations N° 18 : Anatole Malu, Rodrigo Diaz Pino et Mireille Chervaz Dramé.

3 « Les scènes institutionnalisées ont besoin de scènes alternatives, ce sont elles qui fournissent les artistes de demain ». Sur ce sujet, allez consulter le site du collectif UECA, et les lignes d'Albane Schlechten, candidate sur la liste des Associations N° 18, www.ueca.ch. Notons aussi que le RAAC (Rassemblement des artistes et acteurs culturels) est un des membres observateurs de la fédération d'associations de la liste N ° 18.

4 APRES, Chambre de l'Economie Sociale et Solidaire (www.apres-ge.ch ), qui oeuvre depuis 2003 au développement de l'économie sociale et solidaire de la région genevoise, est également membre de la fédération d'associations de la liste N° 18.

 

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14.10.2008

Ecrivons ensemble notre Constitution (6)

 

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"Participer, c'est un moyen de se tenir au courant et de faire changer les choses. C'est important, parce que ça montre qu'on a notre mot à dire, nous aussi, puis qu'on a des droits. Notre attitude devrait être de pouvoir prendre avantage de ces droits, puis de les utiliser."

 

"Pour moi, être citoyen, ce n'est pas avoir 18 ans et le droit de vote; c'est avoir un engagement vis-à-vis de la société où on vit. C'est donner de soi-même, de son temps, de sa personne, c'est s'impliquer socialement."


"Se cultiver soi-même et donner ce qu'on a appris aux autres, c'est une implication sociale très importante pour moi."

 

"Pour moi, s'impliquer, c'est prendre la parole. J'ai participé à une coop-jeunes, puis, dans cette coop, on prenait les décisions ensemble et c'était démocratique. Ça apprend à vivre en société dans une démocratie qui a été faite par les membres." *

 

*Extrait de L'éducation à la citoyenneté (points de vue d'élèves dans des quartiers de Montréal considérés comme "défavorisés" et interrogés en mai et juin 1998), tiré de: Vie pédagogique, N° 109, nov.-déc. 1998 (http://www.portail-eip.org/textes/viepedatru.html#Presentation).

 

 

Chat.jpgDe par sa situation géographique, son histoire et sa population, ses activités économiques, scientifiques et culturelles, le fait qu'elle accueille des organisations internationales comptant dans la gouvernance mondiale, la responsabilité de Genève ne se limite pas à ses frontières cantonales. A Genève, de nombreuses associations et organisations non gouvernementales travaillent à promouvoir le rôle de la Genève internationale et à renforcer sa vocation de promotion de la paix, de préservation de la planète et de respect des droits fondamentaux de l'être humain.

 

Cela a une implication sur la politique locale. Le Grand Conseil genevois a d'ailleurs la particularité (sauf erreur, toujours unique en Suisse) de posséder une Commission des droits de l'homme (« Ce n'est pas un hasard si l'on songe au rôle que joue la Genève internationale »; http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL09305A.pdf). Dans le contexte de la future Constituante, il ne s'agit pas de nier le rôle des partis, mais bien d'encourager une grande mobilisation politique en dehors des circuits traditionnels, de faire participer la société civile aux débats de la Constituante et de savoir entendre tous les acteurs de Genève.

 

Les 480 groupements et associations fédérés pour porter la liste N° 18 entendent assumer leur responsabilité par rapport à la région et au monde. Parmi ceux-ci, c'est le cas de l'EIP, une organisation non gouvernementale liée à la Fédération des Associations dont la liste N° 18 est issue.

 

La parole à Monique Prindezis, Secrétaire Générale de l'EIP :

Monique Prindezis m'a accueillie ce matin à l'EIP pour me présenter son organisation, ses buts et à cette occasion de me parler des enjeux de l'éducation aux droits fondamentaux comme à la paix :

 

Qu'est-ce que l'EIP ?

Créée en 1967 par Jacques Mühlethaler, l’Association mondiale pour l’Ecole instrument paix (EIP) est une organisation internationale non gouvernementale (ONG) dotée d’un statut consultatif auprès de l’ONU, de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe, de l'Alliance Internationale des Femmes (AIF) et de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

 

Quels sont ses buts ?

Consciente du rôle majeur que peut jouer l’école dans le domaine de la paix, l’EIP contribue activement à sensibiliser les milieux scolaires, les autorités et l’opinion publique à l’éducation aux droits de l’homme et à la paix.

L'EIP vise à promouvoir les droits de l’homme et la paix dans les domaines de l’éducation formelle et informelle, notamment par :

  • l’encouragement de comportements de coopération et de paix entre les personnes, les groupes et les nations;

  • la résolution non-violente des conflits;

  • le développement et l’épanouissement personnels ainsi que l’acceptation de l’autre;

  • la transmission des savoirs pour améliorer les connaissances en matière d’éducation aux droits de l’homme et à la paix.

 

L’éducation aux droits fondamentaux et à la paix :

L’éducation aux droits fondamentaux et à la paix est un acte par lequel on apprend à devenir citoyen éclairé et responsable et à développer une conscience politique de l’organisation de la vie en société.

La participation des citoyens à ce projet de société est un enjeu de toute première priorité. Fédérer des expériences, des compétences et des savoirs par une mise en réseau favorise une mise en application des droits fondamentaux. Les activités d’apprentissage qui ont souvent le mieux réussi ont été celles qui associaient d’une manière ou d’une autre les ONG et autres membres actifs de la communauté.


A titre d’exemple, l’EIP :

  • forme les enseignants des écoles primaires et secondaires à l’éducation aux droits de l’homme et à la paix de telle manière à ce qu’ils soient intégrés dans les programmes scolaires.

  • Intervient dans les écoles à la demande des enseignants qui souhaitent développer des activités pédagogiques relatives à cette éducation.

  • Publie du matériel pédagogique adapté aux différents publics (écoles, ONG, associations, etc). »

 

 

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10.10.2008

Volonté générale et intérêt général

 

interet general.jpgUne question posée hier soir à Unimail par Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France, dans le cadre de la conférence « Démocratie et Constitution » : qu'est-ce qui constitue une démocratie ? qu'est-ce qui risque de la déconstituer ? Cette discussion nourrit la démocratie, laquelle a besoin, selon Pierre Rosanvallon, du doute permanent et lucide sur elle-même.

 

A Genève, la future Constituante aura notamment pour tâche d'évaluer les instruments d'expression populaire : référendum, initiative, pétition (voire motion et référendum constructif). Ces instruments sont légitimes. Certains souhaiteraient faciliter les mécanismes de démocratie directe que nous connaissons dans le canton (par exemple en facilitant la collecte des signatures par la diminution du nombre exigé pour les initiatives et les référendums).

 

L'exposé d'hier soir a mis en évidence qu'il s'agira cependant d'être conscient du caractère réducteur de la volonté générale exprimée par une majorité. Ce verdict des urnes peut par ailleurs faire le lit du populisme. « Un pouvoir n'est désormais considéré comme pleinement démocratique que s'il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrente et complémentaire de l'expression majoritaire ». La politique se nourrit de l'hétérogénéité. La qualité d'une démocratie s'apprécie aussi dans la manière dont elle est attentive à ses minorités. La volonté générale ne doit pas occulter l'intérêt général.

 

Voilà un message qui semble spécialement écrit pour la liste des Associations.

 

 

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Pour prolonger la réflexion voir l'article « Comment réinventer la démocratie ? Les débats de l'Obs avec Pierre Rosanvallon », Le Nouvel Observateur du jeudi 4 septembre 2008, d'où sont tirées les deux citations qui précèdent.

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2287/articles/...

 

09.10.2008

Une Constituante à l'état embryonnaire

rhone.jpg« Un arbre, une école, un quartier ...
Etre ensemble, là, en ce lieu,
c'est important pour une fille ou un garçon.
Pour connaître et savoir faire, mais c'est aussi indispensable
pour apprendre à analyser, critiquer, protester, proposer,
débattre selon les règles de la démocratie,
et devenir un citoyen du monde pour qui aucun arbre
ne pourra cacher aucune forêt. »

Altitude, Alain Serres et Zaü, Je serai les yeux de la terre (avec les 100 mots clés du développement durable et solidaire), Rue du Monde 2007, p. 77.

 

 

renard.jpg« Alors comme ça, il paraît que la Liste 18 Associations de Genève, est «hétéroclite» ! Et que ce serait parfaitement rédhibitoire…

Hé oui: que font ensemble, sur cette liste électorale pour la Constituante, ATTAC et le GAPP ? le GsSA et la FCLR ? le RAAC et la FRC ? à part qu’ils font partie du «monde associatif» ?

Précisément, c’est ce terme: «associatif», qui est au centre de cette union «hétéroclite». La fonction même des associations, c’est d’associer, de rassembler, de tisser le lien social, entre des gens très différents les uns des autres. Et ce lien social, c’est la principale composante de notre qualité de vie, parce qu’il est le premier ingrédient de l’harmonie sociale, génératrice de sécurité, de bien-être et même de santé…

Ce rêve d’harmonie sociale, c’est précisément ce qui rassemble les nombreuses associations qui se sont unies pour créer la Liste 18 Associations de Genève. Si tout cela a l’air un peu disparate à première vue, le projet de société que nous défendons pour la nouvelle Constitution genevoise est bel et bien le même: un espace dans lequel chaque être humain est reconnu et prend sa place, ou les échanges sont riches et variés, et ou l’on abat les cloisons entre les générations, les cultures, les styles de vie et les mentalités.

Pour une raison bien simple:

CE QUI NOUS RASSEMBLE EST PLUS FORT QUE CE QUI NOUS SEPARE

Tiens, vous ne trouvez pas que cette phrase ferait un chouette préambule à la future Constitution genevoise ? »*

* Pascal Thurnherr, journaliste à la Radio Suisse Romande, Président de la Maison de Quartier des Acacias, candidat sur la liste N° 18, présenté par la FCLR. Notons que Magali Orsini, candidate présentée par ATTAC, s'est aussi exprimée sur son blog, sur cette question de liste commune (voir http://morsini.blog.tdg.ch).

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Les valeurs fondamentales que nous défendrons au sein de la Constitution sont le respect, le bien vivre ensemble, la diversité et l'intérêt général. Il ne s'agit pas de voeux pieux formulés pour les papillons de la liste des Associations. En fait, ces valeurs nous lient déjà. Nous sommes parvenus à nous faire confiance, à oublier nos préjugés, à nous associer au-delà de nos origines ou de nos sensibilités variées. Le dialogue sans a priori est tout l'intérêt de notre démarche qui s'est affranchie des limites partisanes. Il témoigne de notre capacité à poursuivre dans le même état d'esprit une fois élus. Consulter, profiter de nos expériences et expertises diverses, accepter la concertation pour pondérer nos points de vue tout en cherchant des avancées constitutionnelles, c'est bien une mini-Constituante qui est déjà à l'oeuvre, dans sa phase préliminaire de discussions des objectifs peut-être, mais il s'agit de la première étape que la Constituante vaudoise avait pratiqué et que nous aurons aussi à traverser après le 19 octobre. Aller plus loin à présent serait limiter le champ des possibles dans l'exercice de la page blanche qui nous attend.

Le rôle nécessaire du milieu associatif dans la réécriture de la Constitution n'est contesté par personne, pas plus que ce qu'il pourrait apporter ces quatre prochaines années en lien social (pour reprendre l'expression de Pascal Thurnerr), mais aussi sur le fond. La liste 18 propose 28 candidats pour défendre les couleurs associatives. Il est important que les suffrages des électeurs permettent aux futurs représentants des associations de jouer leur rôle de relai efficacement (car différents, complémentaires et en nombre suffisant), notamment dans les diverses commissions qui devraient être mises en place en fonction des thèmes de travail de la Constituante. Avec 80 élus, il y a de la place pour des personnes désignées par les partis politiques ou pour d'autres membres de la société civile avec lesquels nous saurons aussi dialoguer. Pour citer Thierry Tanquerel « Oublions nos préjugés, pour travailler à de nouvelles règles du jeu, avec pour objectif de permettre à la confrontation créatrice de remplacer la stérile neutralisation mutuelle que nous connaissons aujourd'hui » (http://wwwunenouvelleconstitutionpourgeneve.ch/?A-debattre).

Les idéaux du respect, du bien vivre ensemble, de la diversité et de l'intérêt général sont aussi déjà le quotidien de la FCLR, une des fédérations mobilisées sur la liste des Associations de Genève et qui présente Pascal Thurnherr et Jackie Tanaka.

 

Qu'est-ce que la FCLR ?

La Fédération des Centres de Loisirs et de Rencontres regroupe 42 associations du canton de Genève qui constituent les centres de loisirs et de rencontres, les maisons de quartier, les Jardins Robinson, le Terrain d'Aventure. La FCLR cherche essentiellement à améliorer les possibilités d'action des associations membres et à défendre leurs intérêts comme ceux de leurs usagers.

Une région, des villes et des quartiers... Les centres de loisirs (dont un des plus ancien est le Jardin Robinson de Balexert) et les maisons de quartier s'adressent à l'ensemble de la population d'un lieu. Les filles comme les garçons y sont accueillis, les petits comme les grands, les jeunes ou les aînés... Chacun peut y trouver des espaces où sont développés des activités propres, mais aussi des activités ludiques, des ballades et sorties, des ateliers plus réguliers ou encore des moments de convivialités où les générations peuvent se rencontrer autour de débats, de repas. Le Terrain d'Aventure s'adresse plus spécialement aux enfants à qui il offre un espace de jeux, de créativité et de découvertes pendant leur temps libre. Il cherche à favoriser chez l'enfant le sens des responsabilités, l'autonomie, le respect de soi, des autres et de la nature dans un souci d'intégration et de prévention.

 

Pour information :

Un forum FCLR se tiendra ce samedi 11 octobre 2008 à la Maison des Associations sur le thème : Quels enjeux, quel avenir pour les associations de centres ?

Dans un contexte social en mutation, de redimensionnements budgétaires et une modernisation des services publics (new public management, contrats de prestations, transferts de charges etc.), les conférences et les discussions permettront d’apporter aux membres des comités de centres un éclairage sur le contexte sociopolitique genevois et l’évolution de l’animation socioculturelle et de poser des jalons pour l’avenir des associations de centres.

Au programme, notamment, les conférences suivantes de :

  • Madame Monica Battaglini sur « les contrats de prestations entre collectivités publiques et associations » ;

  • Monsieur Gabriel Bender sur «  l’Animation, professionnel et association : enjeu et limite du modèle »;

  • Monsieur Alain Simonin sur « besoins des populations et participation citoyenne, la dynamique participative, le diagnostic et les territoires ».

Pour tout renseignement, veuillez contacter la FCLR : www.fclr.ch

 

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06.10.2008

Ecrivons ensemble notre Constitution (5)

danseuse.jpgJe t'entends « Plus tard, serai-je danseuse étoile ou bien exploratrice du soleil ? »

Travailler prive les enfants d'éducation, leur abîme les yeux, le dos, la santé, les éloigne de leurs parents, les soumettant, sans aucun droit, à des hommes sans scrupules et sans lois. La vie des enfants exploités au travail n'est qu'une longue nuit sans lune. »

 

Altitude, Alain Serres et Zaü, Je serai les yeux de la terre (avec les 100 mots clés du développement durable et solidaire), Rue Du Monde 2007, p.50.

 

Penser nos actions par rapport aux générations futures est un des objectifs auxquels les associations et candidats de la liste N° 18 ont adhéré. La culture, l'éducation et l'environnement doivent être considérés comme des enjeux de développement. De même parmi ceux-ci, la recherche et l'innovation pour le bien commun doivent être soutenues.

Ces valeurs que nous défendons collectivement ne sont pas de simples pétitions de principes. Elles sont le reflet des actions militantes de nos fédérations et associations. Ainsi, fort de son expérience acquise sur le terrain, le Mouvement Populaire des Familles (MPF) fait partie des groupements qui, fédérés, s'investissent pour que leur expérience enrichisse les travaux de la future Assemblée chargée de la réécriture de notre Constitution cantonale.

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Qu'est-ce que le MPF ?


Le MPF est un mouvement d'éducation, de formation et d'actions des familles du milieu populaire actif depuis les années 1940. Son principal objectif est de donner la possibilité aux personnes et aux familles d'acquérir la connaissance et la compétence pour permettre à chacun de se prendre en charge individuellement et collectivement. Il ne se veut donc pas un mouvement d'aide financière, mais il assure la promotion des familles du milieu populaire et défend leurs intérêts économiques, sociaux et culturels, notamment en matière de logement, de la santé, de l'éducation, de l'école, de la formation professionnelle et de la solidarité internationale.

Le MPF nous rappelle que l'éducation, c'est l'affaire de tous !

« Bien que le premier lieu d'éducation soit la famille, « L'éducation est l'affaire de tous » les enjeux et les défis de l'éducation sont une responsabilité collectivement partagée par une multiplicité d'acteurs individuels ou collectifs (parents, professionnels, enseignants, formateurs et éducateurs, travailleurs sociaux, etc., mais aussi associations, autorités, employeurs, etc.) : Cela revient à faire de la co-éducation un nouveau défi pour l'action publique. Il importe que ce défi puisse trouver relais et soutien de la part des services publics, plus particulièrement de ceux dont la mission implique des interactions fréquentes avec les enfants, les jeunes et/ou leurs parents.

Si le premier lieu de l'éducation est la famille; la classe sociale, l'origine, l'école, les médias, la publicité, les copains et copines, ce qui se passe dans le quartier, le village, la ville, le pays et sur la planète jouent un aussi un rôle important.

L'éducation doit permettre à l'enfant de devenir un être responsable tant sur le plan individuel que collectif. L'éducation c'est aussi permettre à l'enfant ou au jeune d'exprimer, de développer et de réaliser ses désirs, ses capacités, sa spontanéité, sa joie de vivre ou sa tristesse, ses déceptions, bref sa personnalité. Au fur et à mesure qu'il grandit, il apprend à définir ses propres règles.

Il incombe aux adultes d'éduquer les enfants par l'exemple, par notre manière de vivre, et proposer des règles claires sur la manière de vivre en famille et avec les autres.

Ainsi les adultes leur font découvrir que chaque personne est unique et doit être respectée pour ce qu'elle est, et qu'il y a des codes à apprendre et à intégrer pour vivre en harmonie dans les divers environnements sociaux. »

Jean Blanchard, Secrétaire général du Mouvement populaire des familles et membre de la Commission cantonale de la famille, candidat sur la liste N° 18. www.mpf-ch.org

 

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03.10.2008

Etablir une Cour constitutionnelle ?

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 Notre Constitution doit être totalement révisée. Il va s'agir de repenser la structure de l'Etat, d'énumérer ses buts essentiels et énoncer ses tâches, d'organiser la répartition des pouvoirs entre les autorités et déterminer la situation juridique de l'être humain dans cet Etat, en limitant par là-même le pouvoir étatique. C'est ainsi l'occasion de formuler une liste de droits fondamentaux et de principes généraux. Des innovations sont possibles. Sans revenir sur les enjeux de l'éducation, sujet de notes précédentes sur ce blog, on peut penser aussi au droit des enfants, au droit général à l'accès aux dossiers de l'administration en tant que concrétisation du droit à l'information.

« Est-ce qu'il est souhaitable, voire nécessaire de créer un droit au travail ou un droit au logement ? Est-ce que nous voulons un droit au minimum vital (voire le droit à l'obtention d'un véritable revenu minimum) ou encore le droit à une formation post-scolaire ou à ce que les familles soient particulièrement soutenues ? [...] C'est la Constituante qui choisira en fonction des réflexions politiques, en étant consciente que la force d'une société dépend dans une large mesure de la solidarité des groupes privilégiés à l'égard des personnes qui le sont moins », Peter Hänni, Nature et objectifs d'une Constitution cantonale, RFL/FZR 2000, pp. 130-131; http://appl.fr.ch/OFL/CST2004/article_haenni_rfj2000_natu...).

 

Les associations sont particulièrement sensibles à ces thèmes et sont mobilisées pour travailler sur ces questions.

 

Cherchant à améliorer le fonctionnement des autorités, la Constituante devra aussi traiter du pouvoir judiciaire. La création d'une juridiction constitutionnelle, gardienne de la conformité de la loi à la Constitution fera partie des questions à aborder. Surtout il faudra veiller à ce que la Constitution soit effectivement appliquée et sanctionnée afin que la volonté populaire transcrite dans notre future charte ne soit pas bafouée. C'est ce que nous souhaitons très nombreux, alors que le Tribunal fédéral vient d'invalider le règlement du Conseil d'Etat qui concrétisait l'acceptation de l'initiative intitulée « Fumée passive et santé ». Nous ne voulons plus nous contenter de buts sociaux qui ne confèrent pas de droits individuels, mais qui guident uniquement les activités de l'Etat.

 

La parole au Docteur Michel Starobinski, membre du Groupement des oncologues genevois, cancérologue et recourant débouté dans l'arrêt du TF du 5.9.2008 (http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=05.09.2008_1C_1...), qui m'écrit le 2.10.2008.

« Un combat d’arrière-garde futile et meurtrier

enfumé.jpgL’offensive des Ardennes en décembre 1944 n’a pas empêché la victoire des Alliés, mais elle a coûté des dizaines de milliers de morts, alors que la victoire avait à l’évidence choisi son camp. Comment dénombrer les victimes du rejet du règlement cantonal par le Tribunal Fédéral au nom de la séparation des pouvoirs ? Les malades et les morts que l’épidémiologie permet de prédire avec certitude du fait du retard à la mise en œuvre de l’article constitutionnel n’ont pas eu aux yeux des juges la qualité d’être soumis à un danger imminent qui seule aurait pu justifier une intervention immédiate de l’exécutif. Car morts et malades il y aura du fait de ce retard, principalement chez les employés de la restauration, mais également dans le public, alors même que la victoire de la raison et du bon sens que constitue la protection contre le tabagisme involontaire apparaît aujourd’hui inéluctable à terme. Une diminution des accidents coronariens a été bien démontrée en Italie, en France et aux USA sitôt après l’introduction dans ces pays de mesures contre le tabagisme involontaire. Ces vies sauvées n’apparaissent aucunement dans le raisonnement de notre juridiction suprême. Aucune usine de l’agglomération genevoise ne pourrait continuer de fonctionner si elle relâchait dans l’atmosphère des substances cancérigènes et radioactives aux concentrations mesurables dans un espace enfumé sans faire l’objet de mesures urgentes de fermeture. En revanche, les agents cancérigènes véhiculant le plaisir des accros de la nicotine bénéficieront pour quelques temps encore de la protection de la séparation des pouvoirs. La majorité des genevois avait pourtant affirmé sans ambiguïté sa préférence pour la protection de leurs poumons et leur séparation d’un environnement toxique !

Bien sûr, il faut que le Droit soit dit, la paix de notre société qui en découle est un bien incalculable, et le Droit a été dit. Mais à quel prix, si l’on oublie les conséquences médicales ? Le fossé entre la cohérence juridique et la science apparaît au grand jour : rien n’impose à nos juges de se conformer au savoir médical moderne. Le sentiment (injustifié mais bien compréhensible) que la volonté populaire a été bafouée fera le lit du populisme. La théorie de l’offre et de la demande sera-t-elle vérifiée ? Les restaurateurs auront-ils l’élégance de respecter la demande de 80% du public ? Notre parlement saura-t-il nous épargner pour une fois les querelles idéologiques et respecter la volonté et la confiance de ses constituants en votant rapidement une loi atteignant le but fixé par l'initiative? Enfin, les défenseurs d’une pseudo-liberté auront-ils la décence de reconnaître leur défaite sur le fonds et nous épargner un référendum mortifère, puisque tout délai se paie au prix du sang? Remercions en attendant les acteurs de ce lamentable cafouillage pour le don d’un nouveau sujet de rire des affaires des hommes. »

 

cinema.jpgEt si le rire est le seul remède dans l'immédiat, allez voir ou revoir : « Thank you for smoking », mis en scène par Jason Reitman, Fox Searchlight Pictures 2006.

 « - I get paid to talk.
- What do you talk about ?
- I speak on behalf the cigarettes.
- My mummy said cigarettes kill.
- Now... Is your mummy a doctor ?
- No !
- Now... She doesn't exactly sound like an incredible expert, no ! Does-she ? »

 http://www.cinoche.com/trailers/2026/2075

 

La position des Associations de Genève :

 

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« Si les instances fédérales et cantonales concernées avaient voulu envoyer une avertissement à la future Constituante, elles ne s’y seraient pas pris autrement pour lui montrer la nécessité de doter la Constitution genevoise d’un mécanisme garantissant son application.

Le vote populaire indiscutable, à une majorité de 80%, qui a inscrit dans la Constitution cantonale la protection des citoyens contre la fumée passive dans les lieux publics se trouve désormais sans application ! Cette contradiction du verdict populaire ne renforce pas la démocratie, ni la confiance de la population dans ses institutions.

La proposition d'une Cour constitutionnelle formulée par la Liste 18 – elle est la seule à faire une telle proposition - permettrait l'invocation directe des droits constitutionnels à Genève. Parce que les Associations de Genève savent par expérience que les droits ne doivent pas demeurer des déclarations politiques, et qu'un droit n'est complet que s'il peut être appliqué.

En effet, les droits énoncés dans la constitution cantonale actuelle, comme l'interdiction de fumer, ne peuvent être réclamés directement par les citoyens. Il faut nécessairement une loi cantonale ou un règlement d'application pour que les droits constitutionnels cantonaux puissent être invoqués.

Au-delà de ses propositions pour la nouvelle Constitution, les Associations de Genève réclament la création d'une Cour constitutionnelle, qui permettra aux citoyennes et citoyens genevois de faire valoir précisément leurs droits inscrits dans la Constitution.

Au regard de l'expérience constitutionnelle dont les partis politiques prétendent trop souvent avoir le monopole, cette situation montre que par leur expérience les associations sont, en matière institutionnelle, des interlocuteurs aussi pertinents qu’eux. Nos propositions permettront à l'avenir d'éviter de tels fiascos. »*

*Extrait du communiqué de presse du 2.10.2008

http://www.associationsdegeneve.ch

01.10.2008

La Constitution, c’est aussi l’affaire des parents

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La lettre du jour | La Constitution actuelle ne parle pas des enjeux de l’éducation. Les associations de parents souhaitent que cela change.

Tribune de Genève - Courrier des lecteurs | 30.09.2008 | 00:01

Genève, 24 septembre. – La Constitution actuelle ne parle pas des enjeux de l’éducation. Les associations de parents souhaitent que cela change. Le Groupement des associations de parents du primaire (GAPP) a décidé de présenter trois candidates sur la liste 18. L’éducation et la formation doivent être accessibles à toute étape de la vie, par modules plus ou moins intensifs en fonction des parcours de chacun. L’époque où l’on se formait une fois pour toutes est révolue. Laïcité, gratuité, égalité des chances, ces principes fondamentaux de la formation de base doivent être inscrits dans la Constitution. Hérités des XIXe et XXe siècles, ils sont largement acquis. Cela dit, des projets type chèque scolaire (suivant la façon dont il serait réalisé) pourraient les remettre en question. L’école d’aujourd’hui doit tenir compte d’autres enjeux. Développer le partenariat avec les familles. Forger les compétences – autant les savoirs que les savoirs faire –, promouvoir les talents. Favoriser l’épanouissement et l’apprentissage de la vie ensemble, de la responsabilité citoyenne. Une bonne formation est aussi celle qui, dans un monde complexe, donne des outils pour aborder les défis de société: environnement, santé, alimentation, violence. Dans une société globalisée, l’apprentissage des langues mérite d’être renforcé. Et l’information sur le système scolaire (répartition des ressources par exemple) doit être transparente. Enfin, la mission d’intégration de l’école est devenue fondamentale dans une société hétérogène, que l’enfant soit non-francophone ou souffre d’un handicap, ou encore qu’il ait des besoins particuliers (dyslexie, hyperactivité, haut potentiel). Intégrer n’est pas faire passer tout le monde dans le même moule, mais au contraire accepter les différences et permettre à chaque enfant de développer ses potentialités et de trouver sa place. L’école genevoise a déjà avancé dans certaines de ces directions, moins dans d’autres. Bien sûr, il n’est pas question de tout inscrire dans la Constitution. Avoir à l’esprit l’ensemble des enjeux concrets permet de mieux réfléchir au cadre que devra poser cette charte fondamentale de notre vie ensemble. Tout au long du processus qui durera quatre ans, le GAPP fera participer les parents à la réflexion et à l’élaboration des articles constitutionnels sur l’éducation.

Sabine Estier Thévenoz, Florence Lambert, Anne Thorel Ruegsegger, candidates à la Constituante (liste 18)

http://www.tdg.ch/communaute/courrier-lecteurs/2008/09/29...

Pour information - les dispositions constitutionnelles en vigueur :

Constitution de la République et canton de Genève
(Cst-GE) A 2 00, du 24 mai 1847(51)
(Entrée en vigueur : 25 mai 1847)
Etat à ce jour

Titre XI Instruction publique

Art. 161 Généralités
1 La loi règle l’organisation des établissements d’instruction publique qui sont en tout ou en partie à la charge de l’Etat.
2 Ces établissements forment un ensemble qui comprend :
a) l’enseignement primaire;
b) l’enseignement secondaire;
c) l’enseignement supérieur et universitaire.

Art. 162 Enseignement primaire
1 Chaque commune doit être pourvue d’établissements pour l’instruction primaire et subvient, concurremment avec l’Etat, aux frais de leur création et de leur entretien.
2 L’instruction est gratuite dans les écoles primaires.

Art. 163 Enseignement religieux
L’enseignement religieux est distinct des autres parties de l’instruction, afin de permettre à tout élève d’être admis dans les divers établissements d’instruction publique du canton.

http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_a2_00.html

30.09.2008

Ecrivons ensemble notre Constitution (4)

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« Le figuier était sacré, et Wangari savait qu'il ne fallait pas le déranger. Il ne fallait même pas ramasser les branches mortes pour faire du feu. Quand elle allait chercher de l'eau au fleuve pour sa mère, elle jouait avec les oeufs de grenouilles, essayant d'en faire des colliers, mais ils glissaient entre ses doigts et retombaient dans l'eau. »

« Wangari donna des pousses aux écoles et apprit aux enfants à créer leurs propres pépinières.
Elle confia des pousses aux détenus des prisons et même aux soldats.
-Vous tenez un fusil, disait-elle. Mais que protégez-vous ? Le pays tout entier est emporté par le vent et les eaux ! Vous devriez avoir un fusil dans la main droite et une pousse d'arbre dans la main gauche. C'est ainsi que vous deviendriez de bons soldats »*

*A lire et à regarder avec des yeux d'enfants : Mama Miti, la mère des arbres. Prix Nobel de la paix, Claire A. Nivola (Traduit de l'américain par Ariel Marinie), Le Sorbier, mai 2008.

Arbre_a_singe.jpgLe commentaire de Damien Rochette découvert ce matin sur mon blog m'invite à vous présenter l'association Pro Natura Genève dont il est le Vice-Président. C'est aussi l'occasion de rappeler que la Fédération des Associations de Genève (FAGE), à l'origine de la liste N° 18, regroupe un nombre bien plus important d'associations, associations faîtières, fondations ou coopératives que celui des groupements présentant formellement les 28 noms soumis au suffrage des électeurs. Certaines associations, comme Pro Natura Genève, qui n'a pas de candidat attitré, sont cependant parties prenantes de l'engagement collectif et apporteront leurs compétences spécifiques aux chantiers de la future Constitution. En tant que candidats de la liste N° 18, nous nous sommes solennellement engagés à inciter les associations, dont les nôtres, à contribuer à l'élaboration du nouveau texte. Les élus de la liste N° 18 devront ainsi travailler en réseaux.


Qu'est-ce que Pro Natura Genève ?

D'abord Association pour la création et l'entretien de réserves naturelles, puis Association Genevoise pour la protection de la nature, Pro Natura Genève est une section de Pro Natura, Association suisse pour la protection de la nature. Association de référence en la matière, sa force réside dans le soutien de plus de 100'000 membres en Suisse et d'environ 5’000 à Genève et de l’appui de spécialistes compétents dans les domaines liés à la nature.

Certains se souviendront peut-être qu'au printemps 2002, Pro Natura Genève avait été récompensée aux niveaux national et cantonal pour la sauvegarde des vergers à hautes tiges. En moins de dix ans, 1000 arbres fruitiers avaient été plantés, 160 vergers revitalisés et 9 vergers communaux créés. L'action verger qui avait débouché sur un projet cantonal de réseaux agro-écologiques, avait « également rempli un rôle éducatif précieux en associant systématiquement des classes d'école aux plantations ». (http://www.geneve.ch/conseil_etat/2001-2005/informations/...)


Quels sont ses buts ?

Dans un monde où la nature est de plus en plus ignorée et agressée, Pro Natura Genève s'engage en sa faveur et en celle de l'homme, partie intégrante de la nature. Se sentir un lien avec la nature, tenter de la comprendre et avoir à son égard un grand sens des responsabilités. Elle vise à :poussins.jpg

  • Protéger la nature et les paysages

  • Créer et entretenir des réserves naturelles

  • Sensibiliser le public en particulier les jeunes

  • Collaborer avec les associations poursuivant des buts similaires ainsi qu'avec les administrations

www.pronatura.ch/ge/

A signaler :

Pro Natura Genève propose de fêter plus de douze ans de protection du verger haute tiges dans le canton de Genève et tiendra sa soirée d'automne le jeudi 29 novembre 2008 à 19 heures 30 à la salle Frank Martin à Genève.
(cf. http://www.lextension.com/index.php?page=theme&idActu...)

 

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